Dresser un bilan du bombardement d’Hiroshima, survenu le 6 août 1945, relève du défi. Les historiens s’accordent aujourd’hui à dire qu’entre 70 000 et 80 000 personnes furent tuées sur le coup. Et, au total, on estime à 250 000 le nombre de personnes ayant succombé le jour même ainsi que durant les semaines suivantes, des suites du feu nucléaire.

Mais quant aux survivants, ceux que les Japonais ont eux-mêmes appelés hibakusha (mot japonais signifiant « victimes de la bombe »), l’histoire d’Hiroshima ne faisait, hélas, que commencer… Car après s’être crus sauvés, les hibakusha durent faire face à une nouvelle menace, à un nouveau visage de la bombe : désormais, et pour toujours, elle était dans leur propre corps.

En 1945, on ne mesurait pas encore totalement les conséquences de la radioactivité sur les organismes humains. Et ce premier bombardement, suivi trois jours plus tard par celui de Nagasaki, fut pour les Etats-Unis, l’occasion de mener, à grands renforts de scientifiques et de médecins, une étude in situ, des effets de sa nouvelle arme sur les organismes humains. Sur des hommes et des femmes qui, bon gré mal gré, continuèrent à vivre après Hiroshima.

Vivre après Hiroshima : c’est ce qu’a fait Chieko Ishihara, née d’une mère et d’un père frappés de plein fouet par l’explosion de la bombe et ses conséquences. Dépositaire de ce passé, de cette histoire, Chieko s’est fait un devoir de témoigner, afin de transmettre aux nouvelles générations le récit de ce que ses parents et elle avaient vécu. Telle est la mission que de nombreux hibakusha se sont donnée, avec, au cœur de leur message, une valeur cardinale de laquelle jamais ils ne s’éloignent : la paix.

Rencontre avec l’une des dernières hibakusha, Chieko Ishihara, dont le sourire et la douceur nous ont au moins autant bouleversés que sa sagesse.

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