Dans les hauteurs de la belle et prospère Arequipa, des rires d’enfants s’envolent depuis la cour d’un grand bâtiment bleu et soleil. Le quartier de Alto Cayma, banlieue défavorisée, a repris vie depuis quelques années, notamment grâce à l’action de l’association Rayo de Sol.


Pour parvenir à Alto Cayma, à 30 minutes du centre d’Arequipa, il faut prendre un petit « micro » aux allures de boîte de sardines sautillante. Un crieur, à la porte du van, s’occupe de héler les passants et de les entasser à l’intérieur du véhicule, qui ne s’arrête pas mais se contente de ralentir pour récupérer les passagers. A l’intérieur du « micro », bien que la promiscuité batte son plein, on ne sent pas du tout oppressé, probablement du fait de l’ambiance respectueuse et chaleureuse qui y règne.

Une fois catapulté à destination, au sommet d’une colline, il faut marcher encore quelques minutes pour rejoindre le quartier, cuvette surplombée par le sommet enneigé du Misti, parsemée de maisons couleur ocre et poussière, dont beaucoup ne sont pas achevées. Le soleil tape, des chiens aboient.

Le grand bâtiment de l’association Rayo de Sol, situé au centre du quartier, dispose de plusieurs visages. C’est d’abord un jardin d’enfants, qui accueille une quarantaine de bambins du quartier, âgés d’un an et demi à 5 ans, et encadrés par deux professeurs. Depuis sa création en 2004, l’association a ainsi facilité la possibilité de travailler pour les parents, tout en offrant aux enfants une ouverture culturelle, éducative, et un accès à une alimentation équilibrée. En effet, cette dernière question demeure un réel problème sanitaire dans ce type de quartier ; la cuisinière de l’association, qui dispose de connaissances dans le domaine de la nutrition, confectionne ainsi chaque jour des menus sains pour les enfants. L’accès aux services du jardin d’enfants n’est pas complètement gratuit : les parents doivent verser un montant symbolique, très faible, permettant ainsi de bien faire comprendre la valeur des places disponibles et éviter ainsi l’absentéisme.

Mais Rayo de Sol, c’est également une boulangerie française. La fondatrice de l’association (qui n’y travaille plus aujourd’hui) est en effet originaire de l’Hexagone et a développé ce projet en étroite relation avec la France, pour en faire une réelle collaboration franco-péruvienne. Le local où se confectionnent les pains et pâtisseries se situe dans le même grand bâtiment que le jardin d’enfants, mitoyen à l’une des salles de classe. Chaque jour, ce sont près de 600 viennoiseries qui sortent d’Alto Cayma pour être vendues dans le centre d’Arequipa. Car l’association a établi un dispositif bien rôdé pour écouler la production quotidienne de son boulanger volontaire : un café/boulangerie, qui rassemble chaque jour de fidèles clients, conquis par le projet et par la saveur des délicieux croissants et autres petits pains ; mais également de la vente ambulante dans les rues de la ville, réalisée par les volontaires de l’association. Mise en place en 2014, l’activité de la boulangerie permet aujourd’hui de couvrir l’ensemble des frais du jardin d’enfants.

Et pour la suite ? Grâce à l’action des deux coordinateurs, mais également des nombreux volontaires qui s’investissent dans l’association, Rayo de Sol vise à devenir un véritable centre culturel pour l’ensemble des associations du quartiers, parents comme enfants.

Interview de Isela et Mickaël, coordinateurs de l’association Rayo de Sol

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