Quand la porte est fermée, les personnes volontaires avec une idée dans la tête passent par la fenêtre. C’est ce qu’a fait Susi, co-fondatrice du Beehive project à Sucre, en Bolivie.

Il y a près de 4 ans, Susi désire créer une fondation pour améliorer la condition des femmes boliviennes, qui aujourd’hui encore doivent faire face de nombreuses difficultés, tant sur le plan professionnel (accès limité à l’éducation et à un travail décent, rémunéré correctement), que familial (violences conjugales, abandon de foyer par le mari, accès limité aux soins).

Le projet ne voit pas le jour, puisqu’Evo morales, président de la Bolivie, décide au même moment de limiter le nombre d’associations et de fondations en renforçant drastiquement les barrières administratives. Susi fait de ce changement juridique une opportunité : elle va incarner son projet autrement, sous une forme entrepreneuriale. C’est le début de l’aventure Beehive.

Le projet Beehive – qui en anglais signifie « ruche » -, c’est à première vue une auberge de jeunesse comme les autres, située dans le centre de Sucre, l’une des plus grandes villes de Bolivie. Mais Susi nous révèle que contrairement à ses homologues, cette auberge est en réalité une coopérative et un « incubateur » travaillant à l’empowerment des femmes. L’auberge est entièrement détenue par ses employées – une petite dizaine-, et fonctionne selon un modèle démocratique, l’objectif étant de permettre à chacune de grandir en tant que preneuse de décision et gestionnaire. L’accent est mis sur la personne, et chaque nouvelle employée est soutenue sur ses points faibles, dans une démarche de professionnalisation et d’épanouissement personnel. Les femmes sont également accompagnées dans la définition de leur projet professionnel au sortir de leur expérience au sein de Beehive. Depuis la création de l’auberge il y a trois ans, près de vingt femmes sont passées par Beehive et ont, pour la plupart, intégré la vie active avec succès ou repris des études.

La philosophie de la structure va encore plus loin en ce que les relations avec les clients de l’hôtel visent un véritable échange, à travers le dialogue au quotidien, et le partage d’activités sous forme d’ateliers (yoga, pilates, etc.).

L’interview de Susi et d’autres salariées de Beehive :

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